Le silence est d'or avec les Pierrots de la nuit

 Article paru sur Paristribune.fr le 2 avril 2011

C’est en plein jour que les Pierrots de la nuit ont été officiellement lancés lundi 26 mars 2012. Quinze quartiers de Paris vont être sillonnés par les équipes d’artistes et de médiateurs, en quête d’une baisse du volume sonore des fêtards dans le respect des riverains mais aussi pour éviter les fermetures administratives d’établissements de nuit.

Pour une meilleure cohabitation des dormeurs et des fêtards la nuit

Paris la nuit, ce sont des bars, des restaurants, des boîtes de nuit remplis de curieux venus faire la fête. Mao Peninou, adjoint au maire de Paris chargé de la qualité des services publics municipaux, de l'accueil des usagers, et du bureau des temps explique que la nuit, trois catégories de personnes doivent cohabiter ensemble : « ceux qui dorment, ceux qui travaillent et ceux qui font la fête ». Le message que cherche à faire passer les Pierrots de la nuit, trio de médiateur et d’artistes, est : « la nuit on fait ce que l’on veut, mais en respectant les autres » déclare l’adjoint en soulignant que cette initiative correspond à la philosophie de vie du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Fermetures administratives à cause des plaintes de riverains

Renaud Barillet, directeur de la Bellevilloise et président du réseau des Musiques Actuelles à Paris, explique que les établissements et la police ne peuvent gérer seuls les usagers : « Il fallait donc un biais ludique et artistique pour s’adresser au public et faire passer le message ».  Le dispositif des Pierrots de la nuit n’est pas nouveau. Développé à Barcelone où trois clowns et trois médiateurs sillonnent la ville pour responsabiliser les fêtards, le dispositif a impressionné Bruno Blanckaert, président de la chambre syndicale des cabarets artistiques et des discothèques et directeur du Grand Rex, par son efficacité. « La nuit est une valeur ajoutée touristique, culturelle et économique. Il y a encore du travail pédagogique à faire auprès des usagers » déclare-t-il. Enfin, Ioanna Thomas, directrice opérationnelle des Pierrots, souligne que le dispositif est important pour éviter les plaintes des riverains et par conséquent les fermetures administratives des établissements.

Un duo de danseuses des Pierrots de la nuit
Un duo de danseuses des Pierrots de la nuit

Qui sont les Pierrots de la nuit ?

« Une équipe de Pierrots est constituée d’un médiateur et de deux artistes, tous les trois volontaires dans la démarche », explique Ioanna Thomas. Aujourd’hui au nombre de 37 au total, la directrice opérationnelle annonce que 20 médiateurs et 60 artistes sont prévus pour effectuer les parcours des jeudis, vendredis et samedis pour la fin du mois de juin 2012. Les membres des brigades d’intervention artistique nocturne sont formés à la médiation et les artistes conçoivent eux-mêmes les slogans et messages qu’ils font passer. Les Pierrots sont tous vêtus de blanc, une couleur apaisante et qui se voit bien la nuit. « Nous sommes à l’écoute des propositions des artistes et ouverts à toute forme d’art… silencieuse ! » déclare Ioanna Thomas ajoutant qu’un casting d’artistes est organisé tous les mois.
 

Les artistes à l'entrée de l'Alimentation Générale
Les artistes à l'entrée de l'Alimentation Générale

Les modes d’actions des brigades d’intervention artistique nocturne

La soirée type des Pierrots se déroule ainsi : une heure avant le début du parcours, le médiateur du groupe passent dans tous les établissements de la tournée pour les prévenir de l’arrivée des Pierrots. La première phase s’opère de 23h à 3h du matin et la seconde phase de 1h à 5h au moment de la fermeture des établissements. Les Pierrots opèrent deux types d’action. La première est ponctuelle : lorsqu’ils arrivent, les Pierrots génèrent automatiquement une baisse du volume sonore, les gens étant interloqués.
Ensuite vient la phase d’éducation, où le médiateur explique le dispositif, distribue des flyers et les artistes déambulent entre les gens pour « montrer » le message. Le trio remplit ensuite une fiche retour intervention pour permettre l’évaluation de leur impact. Pour Bruno Blanckaert, « les Pierrots n’ont pas vocation à remplacer la police mais les deux dispositifs se complètent bien ».
Le coût global de fonctionnement annuel des Pierrots est de 200.000 euros, dont 145 000 euros financés par la Mairie de Paris ; avec la participation de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique et la Société pour la Perception de la Rémunération Equitable.
Après quatre mois de rodage et un accueil positif des usagers et des établissements, il n’est pas encore possible de mesurer une baisse des plaintes selon Renaud Barillet.
 
Bientôt un reportage sur la médiation de nuit avec les Pierrots sur Paris Tribune !

Les quartiers des Pierrots de la nuit :
· Quartier Montorgueil, dans le 2e arrondissement
· Quartier du Marais, dans le 4e arrondissement
· Quartier SOPI, dans le 9e arrondissement
· Quartiers Oberkampf, Bastille, Faidherbe-Chaligny, rue Amelot/ Bataclan, dans le 11e arrondissement
· Quartier de la Butte aux Cailles dans le 13e arrondissement
· Quartier de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement
· Quartier autour de la rue des Princesses, dans le 6e
· Quartier du Faubourg Saint Denis/cour des Petites Ecuries et Quartier du Canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement
· Quartier des Quais de Seine dans le 13e arrondissement
· Quartier des Abbesses et rue Championnet dans le 18e arrondissement
 
Le blog des Pierrots de la nuit :blogs.paris.fr/pierrotsdelanuit
Pour contacter l’association : contact@lespierrotsdelanuit.org

Fête du NPA, fête de l'anti-capitalisme

Article publié le 25 janvier 2012 sur Paristribune.fr
 
La pluie n’a pas empêché les partisans et autres curieux de se réunir le samedi 21 janvier 2012 pour la première fête parisienne du Nouveau Parti Anticapitaliste dans le 11e arrondissement de Paris. Toute l’après-midi et la soirée, entre 200 et 300 personnes se trouvaient dans la salle Olympe de Gouges, près du Père Lachaise.

Une fête de quartier

Tables rondes, débats, discours mais aussi concert étaient au programme de cette réunion citoyenne : tables rondes autour des thèmes de la crise, de la précarité, et aussi des sujets plus locaux comme la situation des Archives de Paris. La librairie du parti, La Brèche, était présente tout au long de la fête pour proposer des livres sur le féminisme, l’écologie, l’économie, le printemps arabe mais aussi des polars. Hommes et femmes de tous âges, sont venus pour découvrir ou faire découvrir les idées du parti, et discuter autour des boissons et collations offerts à bas prix par la buvette. Les enfants font des coloriages à la garderie mise en place pour l’occasion. L’ambiance est conviviale et festive. Alors que le groupe La Rabia répète ses derniers accords avant le concert, la foule se masse dans la grande salle pour prendre place avant le début du discours. À 19h45, les chants et les applaudissements accueillent le candidat à la présidentielle Philippe Poutou sur scène qui est accompagné de Denis Godard et d’un facteur des Hauts de Seine. Le premier est un militant victime de violences policières venu témoigner de ces « bavures » qui arrivent selon lui trop souvent et en général à des personnes d’origine étrangère. Le second est venu rappeler que 15 facteurs vont être rejugés en appel le 1er février 2012 après avoir été condamnés pour séquestration alors qu’ils tentaient de négocier des conditions lors d’une grève dans les Hauts de Seine en 2010.

Le public assistant aux tables rondes et aux discours - Photo : GB.
Le public assistant aux tables rondes et aux discours - Photo : GB.

Les crises

Décontracté, Philippe Poutou débute son discours par un clin d’œil ironique à la perte du triple AAA « 8 jours après on voit que ce n’était pas si grave : l’euro remonte et on nous dit que les banques s’étaient préparées ». Avec des phrases simples et à la portée de tous, le candidat poursuit en parlant de la crise. « Mais quelle crise ? Il en existe deux types : la crise du chômage […] et la crise de la bourse » s’exclame-t-il. Le candidat dénonce les plans de suppression d’emplois quotidiens dans les secteurs publics et privés, la question de l’accès aux soins, à l’éducation mais aussi le mal-logement. Alors qu’il énumère les profits du CAC 40 en hausse et l’industrie du luxe qui ne fléchit pas le candidat proclame : « Crise ou pas, ils veulent nous la faire payer et ils s’attaquent au coût du travail », en référence aux ouvrières de Lejaby, dont l’usine vient d’être fermée. Le discours du candidat, ouvrier dans une usine automobile se transforme alors en présentation du programme du parti pour les prochaines échéances présidentielles.

Philippe Poutou quelques minutes avant son discours - Photo : GB.
Philippe Poutou quelques minutes avant son discours - Photo : GB.

Les 4 mesures d'urgence du candidat à la présidentielle

Philippe Poutou annonce les 4 mesures d’urgence qu’il prendrait s’il accédait au statut présidentiel : « la mise en place d’un bouclier social avec une augmentation de 300 euros sur tous les salaires et un SMIC à 1600 euros nets » qui serait permis par la récupération de l’argent où il se trouve soit « des impôts de 50% pour toutes les sociétés, l’annulation de la dette et l’arrêt immédiat du paiement des intérêts de la dette, de 48 milliards d’euros en 2011 ».
Le leader du NPA souhaite également une sortie du nucléaire d’ici 10 ans et le développement des énergies renouvelables. « Il faut mener une politique qui réponde aux besoins de la population et de l’environnement », dit celui qui veut rendre les transports en communs gratuits pour tous mais aussi régulariser tous lessans papiers et accorder le droit de vote local et national aux immigrés. En finissant, Philippe Poutou annonce clairement qu’il « faut dégager Sarko et sa bande, les Morano et autre Guéant » et ne manque pas de tacler non plus le parti socialiste : « François Hollande n’a pas les bonnes solutions car il ne pose pas les bonnes questions ». En rappelant que « notre adversaire à tous, c’est le capitalisme mondial », le candidat du NPA clame que les élections ne suffiront pas car « il faut que la population se batte au même moment ». Acclamé par le public à la fin de son discours, l’éventuel futur président, qui n’a recueilli que 350 signatures pour le moment, sait qu’il n’est pas seul dans son combat radical.

Justine Maillard : l’artiste photographe en quête de féminité

Article publié le 9 décembre sur Paristribune.fr

Paris, la plus belle ville du monde et le burlesque l’art le plus coquin, forment une équation magique que Justine Maillard a su mettre en scène avec une série de photos intitulée « Paris, ma jolie ».

Paris et les effeuilleuses… « Elles incarnent toutes deux les mêmes valeurs : histoire, lyrisme, renouveau, dynamisme, muse, fatale, envoûtante, magique, mystérieuse... fascinante » selon Justine Maillard, jeune artiste photographe originaire de Charleville-Mézières. A travers une série de photos intitulée « Paris, ma jolie », la jeune femme met en scène les artistes du Burlesque telles que Miss Anne Thropy, Sugar Da Moore ou encore Vicky Butterfly, et Paris, la ville des Lumières.

Du haut de ses 21 ans, Justine Maillard est une artiste très prometteuse

Un projet né d’une histoire personnelle

« Aujourd’hui, la femme joue, vit, jouit. Elle veut avoir toutes les cartes en main pour mener sa vie. La sienne, pas celle projetée par les médias ou autre diktat cosmétique. Elles veulent se sentir belles, exister et saines dans leur esprit » explique Justine Maillard. Avec « Paris, ma jolie », l’artiste photographe a réalisé une sorte de « psychanalyse de la société qui s’émeut ». Mais cette série de clichés représente aussi une quête personnelle : « J'ai eu un difficile passage à l'adolescence, beaucoup de mal à m'affirmer, encore plus à m'accepter. J'ai beaucoup souffert et je me suis abandonnée assez longtemps. « Paris, ma jolie », c'est le début de mon grand travail d'introspection, et donc de ma quête d'identité féminine ».
C’est en faisant des recherches pour son projet que Justine découvre l’univers du burlesque et du « temple de la femme ». Après une rencontre avec Sugar Da Moore, la jeune femme se fascine pour cet univers. Elle se plonge des heures sur la vie de chaque pin-up pour « mieux cerner leur poétique ». « Ensuite, autour de l'image dégagée, je tente de créer une ode à chaque modèle : stylisme (réalisé parfois conjointement avec des professionnels ou des créateurs), planches tendances, maquillage et coiffure et enfin le choix du lieu. » Originaire de la ville de Rimbaud, Justine a vécu à Reims et à Montpellier mais c’est Paris qu’elle a choisi pour son projet : « J'ai toujours eu des envies farfelues et des folies de grandeurs. Paris est une ville magique, une ville fascinante tant elle peut être belle et à la fois repoussante. Comme dans les vers de Baudelaire, Paris est une fleur du mal. J'ai trouvé intéressant la rencontre de cette ville humanisée et fantasmée par de nombreux auteurs, avec ces effeuilleuses, femmes-muses du 21ème siècle ».
Le résultat : une série de clichés poétiques, des instants de fusion entre les stars du burlesque et les plus beaux endroits de la capitale. Les lieux ont été méticuleusement choisis en fonction de la personnalité du modèle car « en chaque fille vit un personnage, avec sa propre façon de mener sa rixe intime via le burlesque ».

La photographie dans le sang

Derrière ce beau projet se cache une jeune femme de 21 ans. Fâchée avec les études, elle tente d’obtenir un diplôme se rapprochant le plus de la photographie mais « mêler passion et études a toujours été pour moi une véritable torture » avoue-t-elle. Justine se laisse envoûter par « l’ensorcellement photographique » que son père lui a transmis. Elle explique cet engouement pour le huitième art : « C'est un moyen de voir le monde derrière un masque... qui paradoxalement, me met toute nue ! Sinon, la photographie, c'est comme un miroir. Je projette, à travers les autres, ma vie. A travers eux, à travers leur « offrande » devant l'objectif, je tente une psychanalyse. A la base très intime, très égocentrique, je l'avoue. Puis, par son développement, elle devient totalement ouverte et presque libre ». La jeune femme sait qu’elle veut en vivre. Affiliée à la Maison des Artistes de Paris depuis 2 ans, elle souhaite maintenant exposer au grand jour son travail.

Où exposer « Paris ma jolie » ?

La photographe est jeune et entrer dans le monde de l’art n’est pas chose facile. Mais elle n’en démord pas. Le 29 octobre dernier, Justine a dévoilé ses premières photographies au Bastille Design Center. Une expo rendue possible par sa campagne de crownfunding via le site Ulule, qui lui a permis de récolter 900 euros en 20 jours. « A la suite de cette exposition, j'ai éprouvé le réel désir de vouer au projet une exposition entièrement dédiée qui lui fasse suffisamment hommage car c'est un énorme travail d'équipe qui se glisse sous ces clichés ! » s’exclame la jeune femme. Pour le moment, « Paris ma jolie » sera à nouveau exposée le 23 décembre au théâtre de Ménilmontant lors de la soirée burlesque « Crazy Christmas ». En multipliant la communication autour de son projet, Justine cherche toujours de nouveaux endroits pour montrer ses clichés. Des clichés qui pourront toucher tout le monde : « « Paris, ma jolie » c'est un joli pot-pourri d'une floraison sociétale, chacun y voit ce qu'il veut. Certains n'y verront que de magnifiques femmes d'un temps passé, perdues dans un entre-temps... d'autres y verront peut être une forme de renaissance ? Qui sait ! C'est un peu à vous de me le dire, après tout ! »

Le site de Justine Maillard : http://www.justinemaillard.com

Le 23 décembre 2011 : Soirée burlesque à partir de 20h
Théâtre du Ménilmontant 15, rue du retrait 75020 Paris.
Page de la soirée burlesque :
www.menilmontant.info
Sur réservation : tarif 15 à 20 euros.

La mairie au cœur de la médiation

Article publié le 2 décembre 2011 sur Paristribune.fr


Jacques Boutault dédie le CICA du 1er décembre 2011 à la médiation, à l’occasion de l’inauguration d’une permanence dans les locaux de la mairie.


Il est 19h à la mairie du 2e arrondissement lorsque le maire ouvre la séance du conseil d’arrondissement par un CICA dédié au thème de la médiation. Une permanence de la Médiation de la Ville de Paris ouvre prochainement à la mairie, tous les jeudis de 15h30 à 19h. Jacques Boutault introduit le débat en définissant la médiation : "Lorsque deux individus ont un litige et qu’ils souhaitent le régler à l’amiable, sans procédure judiciaire, ils peuvent avoir recours à la médiation".

Pour animer la séance, le maire a convié Claire Brisset, médiatrice de la Ville de Paris, Danièle Aguanno, médiatrice du bailleur social Paris Habitat, Paul-Andrew Krieger, médiateur du 2e arrondissement, Gabrielle Planès, présidente de l’Association Nationale des Médiateurs accompagnée de son vice-président Alain Roy, et les Pierrots de la nuit.

Le médiateur de Paris : une autorité indépendante

Claire Brisset est la médiatrice de la Ville de Paris depuis trois ans. Dans la neutralité la plus totale, elle tente de régler avec son équipe et les médiateurs bénévoles les 1.200 réclamations annuelles. Au quotidien, Claire Brisset et son équipe reçoivent les requêtes des parisiens et des non parisiens ayant un litige déjà constitué avec la Ville. Il peut s’agir d’un problème social, de crèches, de voirie, d’insalubrité, ou avec un membre du personnel de Paris. Grâce au rapport qu’elle rend chaque année sur son travail, la médiatrice est en mesure de proposer des réformes pour améliorer le quotidien des parisiens. Elle peut être saisie de plusieurs manières : par courrier, sur Internet ou en se rendant directement dans les permanences : "Les permanences nous permettent de recueillir la moitié des requêtes. Situées principalement dans des maisons d’accès au droit, les permanences doivent être développées dans les mairies pour être plus accessibles." Aujourd’hui, il existe 17 permanences dont 10 se situent dans des mairies d’arrondissement. Le 2e arrondissement inaugurera sa première permanence au mois de décembre. La médiatrice a notamment rendez-vous avec Rachida Dati, maire du 7e, la semaine prochaine. Après une question de Dominique Dussart, adjointe déléguée à l’urbanisme, au logement, à l’environnement et au développement durable, la médiatrice précise qu’elle n’est pas mandatée à régler les conflits concernant des situations individuelles privées, un litige doit être constitué avec la Ville. Après avoir déploré l’absence des représentants associatifs du 2e arrondissement, Christophe Lekieffre, seul élu d’opposition, demande quel est le profil-type des bénévoles médiateurs. "Ce sont souvent des retraités, ayant exercé ou non dans le droit et qui font ça pour rendre service" répond la médiatrice. Il faut également être gentil, bienveillant et bien connaître les rouages de la ville afin de bien orienter les citoyens.

Les membres du conseil d'arrondissement et les intervenants médiateurs du CICA le 1er décembre 2011. Autour du maire de g à d : Paul-Andrew Krieger, Danièle Aguanno, Jacques Boutault et Claire Brisset. En bas à droite : Gabrielle Planès.
Les membres du conseil d'arrondissement et les intervenants médiateurs du CICA le 1er décembre 2011. Autour du maire de g à d : Paul-Andrew Krieger, Danièle Aguanno, Jacques Boutault et Claire Brisset. En bas à droite : Gabrielle Planès.

La médiation au sein des logements sociaux

Jacques Boutault donne ensuite la parole à Danièle Aguanno-Promonet, médiatrice de Paris Habitat, seul bailleur social à bénéficier d’un tel service. "Nous gérons 120.000 logements et mon rôle est de résoudre les litiges entre les locataires et les services de Paris Habitat dans tous les domaines de la gestion courante" explique la médiatrice. En revanche, elle ne prend pas en charge les litiges entre les locataires eux-mêmes. Depuis avril 2011, Paris Habitat a reçu 1.000 demandes. "Traitez-vous les échanges de logements entre locataires, lorsque par exemple leur situation familiale change ?" demande Roberta Bernard, adjointe déléguée à la vie scolaire et à la petite enfance. Danièle Aguanno répond par la négative mais la médiatrice de Paris souligne que ce genre de requêtes peut lui être envoyé et qu’elle sera observée avec plus de bienveillance.

La médiation de nuit avec Paul-Andrew Krieger

C’est ensuite au tour de Paul-Andrew Krieger de parler, en qualité de citoyen bénévole médiateur de la nuit. Après avoir répondu à une annonce parue dans un journal local, le jeune homme, diplômé de médiation à Londres, a accepté le poste proposé par le commissaire du 2e. Après avoir effectué un stage en 2010, il commence son travail et a traité depuis 12 dossiers, avec 80% de succès. "Je réunis une première fois les parties pour fixer des engagements et nous nous revoyons lors d’une seconde réunion pour vérifier si les deux parties ont effectué leurs promesses" ajoute-t-il. En moyenne, les litiges sont réglés au bout de quatre mois de négociations.

L’Association Nationale des Médiateurs

Le maire a également convié Gabrielle Planès, présidente de l’Association Nationale des Médiateurs basée dans le 2e, ainsi que son vice-président Alain Roy. L’association, constituée depuis 1993 de professionnels de la médiation, intervient dans tous les domaines et plus particulièrement dans les relations du travail (harcèlements, risque psycho-sociaux…). La présidente explique : "Contrairement aux autres formes de médiation qui rendent un avis, nous proposons aux deux parties de trouver elles-mêmes une solution à leur litige". Une solution payante puisque les parties s’investissent d’autant plus pour régler la situation. Après une heure de débat et d’informations, Jacques Boutault ouvre la séance du conseil d’arrondissement.

Mademoiselle Slassi ou le parcours d’une modiste du XXIème siècle

Article publié le 1er décembre 2011 sur Paristribune.fr

Se lancer dans la création de prêt-à-porter n’est pas chose simple. Si en confectionnant des chapeaux Mademoiselle Slassi a réalisé un rêve, elle découvre aussi la dureté du monde de la mode.



En se lançant dans la confection de chapeaux, Karima alias Mademoiselle Slassi ne voulait pas en faire qu’un simple hobbie. Après une carrière internationale dans l’informatique, elle réalise son rêve de devenir modiste, et d’en vivre ! Après trois mois d’intense formation au Greta de la Mode, elle obtient son CAP en 2008 et effectue des stages dans les ateliers de chapeliers pendant quelques mois. Ils ne sont qu’une centaine en France.

Du petit Marché de Noël aux grands Salons professionnels de la Fashion Week parisienne

Grâce au bouche-à-oreille et à un site internet qu’elle crée en s’attachant au référencement, la créatrice réalise ses premiers chapeaux sur mesure pour des particuliers. Elle participe aussi à des expos-vente et distribue ses créations dans quelques boutiques qui fonctionnent en mode dépôt-vente. "Après avoir testé en grandeur nature, je constatais qu’à partir du moment où je montrais mes créations, elles plaisaient et se vendaient. Il fallait donc se lancer complètement !" La marque Mademoiselle Slassi naît en 2009, juste au moment où le chapeau fait son grand retour dans les défilés de mode. De fil en aiguille, elle est contactée pour créer des chapeaux pour Miss Univers Japon ou pour le Salon professionnel du Chocolat. Des collaborations voient le jour avec des stylistes et des photographes, ce qui permet à Mademoiselle Slassi de mettre en valeur ses créations grâce à des photos professionnelles.

Rapidement la modiste se rend bien compte qu’elle n’a aucune visibilité et que vivre au jour le jour ne peut plus durer. Elle décide donc de s’adresser aux magasins multi-marques en présentant ses collections dans les salons professionnels. Alors que les acheteurs professionnels au service des grands magasins et boutiques japonnais remplissent son portefeuille de commandes, les français prennent vraiment peu de risques avec une nouvelle marque.

D’étape en étape, et au bout de sa 4ème collection (2 collections par an) Mademoiselle Slassi progresse sur le marché du chapeau, notamment à l’international. De collection en collection, son style se peaufine et l’inspiration ne manque pas : l'Histoire et les histoires, la nature, les arts et la poésie, les gens qu'elle croisent ici et ailleurs, les icônes du cinéma, du théâtre, de la musique et de la scène... Sans compter les matières qu’elle découvre et qui la font vibrer : du feutre de poil de lapin velouté aux pailles naturelles légères, en passant par des plumes et des galons précieux.

Mademoiselle Slassi dans son atelier parisien

La France aime-t-elle tant ses jeunes créateurs et son savoir-faire?

Karima déplore cependant qu’en France où l’on ne cesse de se targuer d’avoir tant de créateurs de talent et un extraordinaire savoir-faire, il n’y ait pas encore une structure dédiée aux nouvelles marques afin de leur permettre de se développer : "un lieu où l’on pourrait bénéficier à moindre frais des services d’experts comptables, de spécialistes de l’identité de la marque (branding), de graphistes, de webmasters, d’attachés de presse et d’une plateforme de vente aussi reconnue que le sont les quelques salons professionnels existants, dont le coût lors des 'fashion week' s’élève à 4000 Euros environs pour 4 jours. Une structure où des investisseurs (Business Angels, financiers…) pourraient nous découvrir et nous permettre d’effectuer des levées de fonds." Mademoiselle Slassi constate également que la presse privilégie les annonceurs et les marques commerciales. Peu de chance donc de se faire connaître du public à moins de pouvoir rémunérer un attaché de presse dont les frais s’élèvent à 1000 euros par mois.


Tant qu’il y aura de la Passion…

Malgré la difficulté, la passion et la ténacité sont toujours là et notre modiste n’est pas prête d’abandonner ses rêves… bien au contraire ! Alors, chapeau bas, Mademoiselle Slassi !

Pour plus d’information,
son site : www.hatsandchapeaux.com

Mon CV

CV Géraldine Bachmann

Enfants et internet : comment limiter les dangers ?

Article publié le 28 septembre 2011 sur Terrafemina.com

Google, Youtube et Facebook sont les requêtes les plus tapées par les jeunes de moins de 18 ans. Si aujourd’hui la génération Y surfe comme elle respire, elle ne semble toujours pas à l'abri de tomber sur des contenus inappropriés ou pas adaptés, et les logiciels de contrôle parental semblent dépassés. Terrafemina livre quelques conseils pour protéger vos enfants des dangers de l’Internet.


Internet au cœur de la vie des enfants

 

La génération Internet française compte aujourd'hui 8,9 millions d'enfants âgés de 8 à 19 ans, selon une étude TNS « Ados Techno Sapiens ». 89% se connectaient régulièrement en 2008, contre 27% en 2000. Ils se débrouillent de plus en plus jeune sur la Toile. La fille de Martine a 4 ans et sait déjà manier un smartphone pour jouer ou surfer. Pire, elle conseille sa mère : « si tu sais pas, y'a qu'à regarder sur Internet ! ».
Les enfants sont même souvent plus forts que leurs aînés pour faire des recherches. Jacques Henno, journaliste et auteur, spécialiste d'Internet et des nouveaux outils de communication, considère que ce décalage générationnel est l'occasion de créer des discussions dans la famille : « Les plus jeunes apprennent aux plus anciens, il ne faut pas brimer les enfants qui se serviront forcément plus tard de ces technologies ».
Cependant, Internet est un « magma d'informations » où tout est banalisé, explique Michel Bonnet, professeur de journalisme à l'IUT de Chalon sur Saône et rédacteur en chef du magazine de l'association Familles de France. Et cette banalisation peut amener les enfants à surfer sur des sites inappropriés. Si les adultes arrivent à faire la part des choses, cela est moins évident pour les plus jeunes qui peuvent tomber sur des images choquantes.

L’importance du rôle des parents

 

48% des enfants commencent à surfer à 8 ans, selon une enquête EU kids online datant de janvier 2011, et 20% des 8-12 ans sont déjà connectés à Facebook (étude TNS Sofres juillet 2011) malgré l'âge légal d'inscription fixé à 13 ans. Or, le réseau social peut se révéler destructeur pour la vie privée des jeunes, notamment avec le problème de la gestion des photos. Les jeunes postent des images sans demander l'autorisation des protagonistes, « le réflexe de propriété de l'image n'existe plus », souligne Jacques Henno. En bon exemple, les parents devraient eux-mêmes demander l’autorisation de leurs enfants pour poster des photos sur Internet.
Toujours concernant la vie privée, Michel Bonnet explique que tous les détails personnels sont maintenant présents sur le web, et principalement sur les réseaux sociaux : les sentiments sont dévoilés aux yeux de tous, qu'ils soient positifs ou négatifs.
Par ailleurs, la publication d’une photo ou un commentaire peut déclencher bagarres et disputes, et les problèmes de harcèlement en ligne ou « cyberbullying » ont fait leur apparition.
Face à ces problèmes, Jacques Henno rappelle que les enfants doivent prendre du recul quant aux sites qu'ils utilisent. Le spécialiste suggère de leur enseigner des réflexes quasi-journalistiques pour qu’ils se rendent compte de qui ou quoi se trouve derrière tel  ou tel site, et qu'ils apprennent à naviguer sur les sites officiels.
D'où l'importance du rôle des parents qui se doivent de prévenir les enfants des risques encourus, de les guider, mais également de leur recommander de sécuriser leur profil à défaut de les surveiller. Les enfants doivent savoir qu'Internet est un espace public et que tout le monde peut avoir accès à leurs publications.

Les initiatives du web pour les jeunes

 

Différentes initiatives, comme des moteurs de recherche ou des sites informatifs, ont commencé à fleurir sur la Toile dans le but de protéger les enfants. En dehors des logiciels de contrôle parental, que certains jeunes savent malheureusement déjouer, il existe en effet des moteurs de recherche spécialisés comme babygo.fr, takatrouver.net, xooloo.fr ou encore lespagesjuniors.com.
Mais ce qu'il manque encore sur Internet, ce sont des sites d'informations destinés uniquement aux enfants comme l'explique Myriam Rembaut, cofondatrice du site la griffe de l'info : « les enfants ont accès aux mêmes sites d'information que les adultes alors que leurs contenus ne sont pas adaptés. Les enfants peuvent tout entendre mais pas tout transmettre. Il faut leur enseigner certains réflexes pour qu'ils puissent la transmettre plus tard ». Le site est dédié aux 8-12 ans, « c'est la tranche d'âge la plus curieuse ». Il traite de tous les sujets, de la santé à la culture en passant par l'écologie et l'éducation. « Le but, avec la griffe de l'info, est d'adapter l'information, de l'expliquer avec des mots simples et d'approfondir certains sujets », ajoute la rédactrice en chef. Les enfants peuvent aussi participer : en proposant des sujets, ils s'improvisent reporters d'un jour. Un bon moyen pour se rendre compte de ce qu'est l'info et comment la transmettre.

Le site de la griffe de l'info
Le site de Jacques Henno

Ces adultes qui reprennent le chemin de l'école

 Article publié le 26 août 2011 sur Terrafemina.com
De nombreuses universités proposent aujourd'hui des formations adaptées aux adultes en reprise d'étude. Reconversion, validation d'acquis ou changement de cap dans une carrière sont les principaux moteurs de ces personnes qui souhaitent repartir à zéro. Comment vivent-elles ce retour en arrière ? Le succès est-il toujours à la clé ? Trois femmes nous on raconté leur parcours d'écolière. Témoignages. 

Nathaly, 37 ans : un diplôme pour évoluer dans son entreprise

Nathaly, 37 ans : un diplôme pour évoluer dans son entreprise

« Chargée de projet marketing au sein du groupe Casino depuis 15 ans, mon absence de diplôme bloquait mon évolution professionnelle. Lors de mon second congé parental j’ai donc recherché une solution pour étudier. Suite à un bilan de compétences, j’ai réalisé une Validation des Acquis Professionnel (VAP) financée par la région afin d’entrer directement en seconde année de master de stratégie de communication globale à l’université de Saint-Etienne. Après un premier semestre théorique passionnant, j’ai effectué 6 mois de stage à l’ISTP (formation en alternance des ingénieurs de l’Ecole des Mines) sur une mission très complémentaire à mes expériences précédentes. Cette année épanouissante et enrichissante fut un réel bonheur ! Être d’une génération différente des autres étudiants a finalement facilité mon intégration : covoiturage, partage, amitiés sur Facebook.... L'ambiance à la maison était tout aussi excellente. Mon enthousiasme pour les études et les devoirs a influencé positivement mes enfants : mes deux garçons de 8 ans ont sauté une classe ! Mon mari, bien que travaillant énormément, a été très compréhensif et s’est très fortement impliqué à la maison. A ma plus grande surprise, mon mémoire stratégique a été noté à 19/20 et j’ai obtenu une mention très bien pour le master 2. Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seule seconde ! Je me demande comment va se passer mon retour en entreprise : à quel poste vais-je revenir et surtout, comment mon parcours parallèle va-t-il être appréhendé ? Vais-je bénéficier d’une évolution de carrière ou devrais-je quitter l’entreprise ? A suivre… »


Gwendoline, 38 ans: les études pour repartir à zéro

Gwendoline, 38 ans: les études pour repartir à zéro

« Après un deuxième mariage et trois enfants, je vivotais grâce à de petits boulots. Un jour, l'une de mes patronnes me suggère de reprendre les études. L'idée me travaille jusqu'à ce que j'ai le déclic : pourquoi ne pas tout reprendre à zéro ? Je n'avais pas trop confiance en moi mais j'ai réussi les tests et depuis février dernier, je suis inscrite au Diplôme d'Accès aux Etudes Universitaires (DAEU) à l'Université d'Artois, qui permet d'obtenir le niveau bac en un an. Etant jeune, je rêvais d'être greffière mais je pense m'orienter aujourd'hui vers le métier d'infirmière ou d'aide soignante en poursuivant mes études par le biais d'un contrat de professionnalisation. Je reçois le soutien de tout le personnel universitaire qui m'accompagne au jour le jour. En parallèle, je suis obligée de continuer à travailler la semaine en tant femme de ménage et le week-end en tant que serveuse pour pouvoir nourrir mes enfants. Grâce aux études, j'ai pu me revaloriser et reprendre confiance en moi. Mes enfants sont aussi beaucoup plus motivés à travailler et ils m'admirent, c'est le plus beau des cadeaux ! Je trouve néanmoins qu’il n'y a pas assez d'informations sur les reprises d'étude. Si on ne m'en avait pas parlé, je n'y aurais pas pensé ! »


Sylvie, 31 ans : les études pour s'adapter à sa nouvelle vieSylvie, 31 ans : les études pour s'adapter à sa nouvelle vie

« J'ai toujours rêvé d'être avocate. A 18 ans, bac en poche, je m'inscris à la faculté de droit de Saint-Quentin-en-Yvelines. Les années passent et je suis admise à l'institut d'études judiciaires (IEJ), me permettant d'accéder par la suite à l'école des avocats. J'enchaîne stages et cours mais j'arrête tout lorsque je tombe enceinte. J'avoue que j'ai été un peu déçue d'arrêter les études mais mon désir de maternité était plus fort que tout. Trois ans et deux enfants plus tard, je me motive à retourner en cours. Quelques mois après, mon mari, qui travaille dans l'import-export, m'apprend qu'il va être muté en Argentine, à Buenos Aires. J'aurais pu reprendre les études pour aligner mon diplôme français à celui du pays, ou même évoluer vers le droit international mais il me semble difficile de retrouver du travail après cela, surtout dans un pays que je ne connais pas du tout. J'ai donc décidé de changer totalement de voie et de devenir interprète-guide touristique afin de m'intégrer au mieux dans mon nouveau pays. Mon mari sera muté à l'été 2012, voilà pourquoi j'ai décidé de m'inscrire en dernière année de langues étrangères appliquées (LEA) anglais et espagnol afin d'obtenir une licence. Ayant déjà quelques notions d'espagnol, je compte bien approfondir, prendre des cours du soir sur la civilisation et l'histoire du pays mais surtout m'improviser prof d'espagnol pour mes enfants afin qu'ils ne soient pas trop déboussolés ! J'espère ensuite pouvoir trouver facilement du travail dans les maisons du tourisme sur place. »

Urbanisme émotionnel: la ville au service de l'amour

 Interview publiée le 29 juillet 2011 sur Terrafemina.com

« Les amoureux qui s'bécottent sur les bancs publics, bancs publics... » Cette chanson de Georges Brassens pourrait illustrer le concept d'urbanisme émotionnel. Des bancs, des places, des parcs sont autant de lieux qui permettent de recréer de l'attachement entre les individus et le territoire, un attachement qui peut devenir un véritable enjeu de politique locale. Pourtant, l'urbanisme émotionnel n'est pas encore un aspect pris en compte par les municipalités dans les projets de développements urbains. Philippe Gargov, géographe, nous explique les enjeux de ce concept. 


Les urbanistes ont constaté que plus les citadins sont attachés à l'endroit où ils vivent, plus ils s'y sentiront en sécurité et feront prospérer l'économie. En clair, plus l'amour est au coeur de la ville, plus les habitants seront amoureux de leur ville. Philippe Gargov, géographe indépendant spécialiste de la prospective urbaine, s'intéresse beaucoup au sujet de l'urbanisme émotionnel. Il l'aborde sous de nombreux aspects sur son site pop-up-urbain.com.

Terrafemina : Qu'est-ce que l'urbanisme émotionnel ?

 

Philippe Gargov : L'urbanisme émotionnel n'est pas encore vraiment défini mais il s'agit de favoriser l'attachement et le bien-être des gens sur un territoire, que ce soit un lieu de vie ou de travail. Concrètement, il s'agit de rendre les espaces plus attrayants et propices aux interactions humaines, voire même à la séduction amoureuse. Il peut donc s’agir de parcs, de places, de rues, du métro ou encore de territoires laissés à l'abandon comme les canaux.
Au Japon par exemple, il existe une certaine pudeur dans l’expression des sentiments. Des buissons ont donc été installés entre les bancs, pour permettre aux amoureux d'avoir un peu d'intimité, non privative, dans l'espace public. L'urbanisme émotionnel est là pour faire ressentir aux individus un état de sécurité et d'émotion permettant l'échange.


TF : Que peut apporter l'urbanisme émotionnel aux citadins?

 

P.G. : L'urbanisme émotionnel est censé apporter un épanouissement personnel, qui passe forcément par un épanouissement dans l'espace. Des bulles d'intimité permettent d'échanger discrètement, amicalement ou amoureusement sans gêner les autres.
D'après une étude, les individus ne viennent pas tant en ville pour trouver du travail mais plutôt pour trouver l'âme sœur. La population se regroupe vers un point de convergence, ce qui permet les rencontres. Mais l'attractivité émotionnelle d'un territoire a d'autres avantages. Plus les gens sont attachés à un territoire, plus l'économie se développe et plus les citadins se sentent en sécurité. Ils s'investissent plus d'un point de vue civique et respectent leur ville. Le niveau de vie s'élèvera alors automatiquement. Mais pour l'heure, l'urbanisme émotionnel n'est pas encore une norme de construction dans nos villes.

TF : Quel est le degré d'urbanisme émotionnel dans nos villes françaises ?

 

P.G. : Il n'y a pas de données intégrées officiellement mais une fâcheuse tendance à la sécurisation à outrance revient au galop en France. Pour favoriser la sécurité, on sacrifie un urbanisme vecteur d'épanouissement personnel et territorial. Les lieux où les sans domicile fixe, mais aussi les amoureux, pouvaient s'asseoir ou dormir sont désormais équipés de pics et d'accoudoirs entre les bancs pour ne pas s'y allonger.
Il faut recréer un plaisir de ville dans le métro, les parcs, les rues et les parvis et places. Une culture du plaisir d'habiter en ville a refait surface depuis quelques dizaines d'années. A l'urbanisme émotionnel de l'accompagner.


Des défibrillateurs dans les immeubles pour sauver des vies

Fiche association publiée le 27 juillet 2011 sur Terrafemina.com


Depuis 2009, l'association Défibrill'acteurs promeut l'installation de défibrillateurs dans les immeubles d'habitation. Alors que cet appareil pourrait sauver de nombreuses vies, 30.000 personnes meurent encore chaque année d'un accident cardiaque à domicile.   

 


Des défibrillateurs dans les immeubles pour sauver des vies

 © Défibrill'acteurs

Naissance de l'association

 

Philippe Loiselet est Directeur Général de Loiselet & Daigremont, gestionnaire de copropriété à Paris, Nantes et Bordeaux. Il y a deux ans, il lance une opération de mécénat, « Bien dans mon immeuble », pour le bien-être des habitants des copropriétés gérées par la société, une initiative qui allait au-delà des simples questions de ménage ou de peinture des parties communes.
La question de l'installation de défibrillateurs s'est très vite posée, juste après la mort d'un enfant par arrêt cardiaque sous les yeux de sa mère dans leur hall d'immeuble. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes, puisque 80% des accidents cardiaques surviennent à domicile, et 30.000 personnes meurent encore chaque année d'un accident cardiaque chez elles.
Partant de ce constat, le mécène reçoit le soutien de nombreuses personnalités politiques de tous bords et de confrères. Rassemblant de plus en plus de personnes et prenant son rôle très à coeur, Philippe Loiselet décide de créer une association pour pouvoir installer des défibrillateurs dans d'autres immeubles que ceux gérés par sa société. Une bonne nouvelle, lorsque l'on sait que la présence d'un défibrillateur multiplie par 10 les chances de survie en cas d'accident cardiaque. L’association Défibrill'acteurs voit le jour en 2009.

Objectifs et actions

 

Alors que les défibrillateurs ont fleuri ces dernières années dans les lieux publics (rues, gares, salles de spectacle, stades, avions...) et dans les entreprises, rien n’a été fait pour les habitations. En ouvrant la pose de défibrillateurs aux autres immeubles que ceux gérés par la société Loiselet & Daigremont, Philippe Loiselet cherche à généraliser ces installations, comme dans tout lieu public. Par le biais de l'association, le gestionnaire souhaite également sensibiliser le grand public et les médias aux risques encourus par les habitants d'immeuble.
Aujourd'hui, grâce à l'association, toutes les installations de matériel se font sur demande après adhésion, et tous les immeubles peuvent en être équipés. Pour le moment, aucun des défibrillateurs n'a servi, et Philippe Loiselet espère qu'ils ne le seront jamais.
Un défibrillateur coûte en moyenne 1500 euros. L'association négocie le prix des appareils avec les fournisseurs et gère toute la logistique de l'opération. Lorsqu’un défibrillateur est installé, des membres de la Croix-Rouge sont dépêchés sur place pour former les copropriétaires, locataires et gardiens. Le type de modèle installé est un défibrillateur automatique : l'appareil explique à l'utilisateur la marche à suivre.

Les parrains

 

Pour trouver des parrains, Philippe Loiselet s'est tourné vers le monde du sport, qui lui tient à cœur, et qui est aussi avant-gardiste au niveau des défibrillateurs puisque les installations sportives ont été dans les premières à en être équipées. L'association Défibrill'acteurs est parrainée par deux grands noms du sport : Raymond Domenech est le parrain de la première heure, il a tout de suite accepté d'être de la partie. Le rugbyman Daniel Herero a également accepté de représenter l'association. Les deux hommes se rendent à chaque inauguration de défibrillateur de l'association, et participeront à l'opération Caritiv'art en novembre prochain, une exposition et une mise aux enchères de 50 tableaux réalisées par 50 célébrités.

Adhésion et dons

 

La cotisation d'adhésion pour un immeuble est de 100 euros.
L'association recueille également des dons qui lui permettent d'installer des défibrillateurs hors de nos frontières : en 2010, deux appareils ont été installés en Arménie.