Ces adultes qui reprennent le chemin de l'école

 Article publié le 26 août 2011 sur Terrafemina.com
De nombreuses universités proposent aujourd'hui des formations adaptées aux adultes en reprise d'étude. Reconversion, validation d'acquis ou changement de cap dans une carrière sont les principaux moteurs de ces personnes qui souhaitent repartir à zéro. Comment vivent-elles ce retour en arrière ? Le succès est-il toujours à la clé ? Trois femmes nous on raconté leur parcours d'écolière. Témoignages. 

Nathaly, 37 ans : un diplôme pour évoluer dans son entreprise

Nathaly, 37 ans : un diplôme pour évoluer dans son entreprise

« Chargée de projet marketing au sein du groupe Casino depuis 15 ans, mon absence de diplôme bloquait mon évolution professionnelle. Lors de mon second congé parental j’ai donc recherché une solution pour étudier. Suite à un bilan de compétences, j’ai réalisé une Validation des Acquis Professionnel (VAP) financée par la région afin d’entrer directement en seconde année de master de stratégie de communication globale à l’université de Saint-Etienne. Après un premier semestre théorique passionnant, j’ai effectué 6 mois de stage à l’ISTP (formation en alternance des ingénieurs de l’Ecole des Mines) sur une mission très complémentaire à mes expériences précédentes. Cette année épanouissante et enrichissante fut un réel bonheur ! Être d’une génération différente des autres étudiants a finalement facilité mon intégration : covoiturage, partage, amitiés sur Facebook.... L'ambiance à la maison était tout aussi excellente. Mon enthousiasme pour les études et les devoirs a influencé positivement mes enfants : mes deux garçons de 8 ans ont sauté une classe ! Mon mari, bien que travaillant énormément, a été très compréhensif et s’est très fortement impliqué à la maison. A ma plus grande surprise, mon mémoire stratégique a été noté à 19/20 et j’ai obtenu une mention très bien pour le master 2. Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seule seconde ! Je me demande comment va se passer mon retour en entreprise : à quel poste vais-je revenir et surtout, comment mon parcours parallèle va-t-il être appréhendé ? Vais-je bénéficier d’une évolution de carrière ou devrais-je quitter l’entreprise ? A suivre… »


Gwendoline, 38 ans: les études pour repartir à zéro

Gwendoline, 38 ans: les études pour repartir à zéro

« Après un deuxième mariage et trois enfants, je vivotais grâce à de petits boulots. Un jour, l'une de mes patronnes me suggère de reprendre les études. L'idée me travaille jusqu'à ce que j'ai le déclic : pourquoi ne pas tout reprendre à zéro ? Je n'avais pas trop confiance en moi mais j'ai réussi les tests et depuis février dernier, je suis inscrite au Diplôme d'Accès aux Etudes Universitaires (DAEU) à l'Université d'Artois, qui permet d'obtenir le niveau bac en un an. Etant jeune, je rêvais d'être greffière mais je pense m'orienter aujourd'hui vers le métier d'infirmière ou d'aide soignante en poursuivant mes études par le biais d'un contrat de professionnalisation. Je reçois le soutien de tout le personnel universitaire qui m'accompagne au jour le jour. En parallèle, je suis obligée de continuer à travailler la semaine en tant femme de ménage et le week-end en tant que serveuse pour pouvoir nourrir mes enfants. Grâce aux études, j'ai pu me revaloriser et reprendre confiance en moi. Mes enfants sont aussi beaucoup plus motivés à travailler et ils m'admirent, c'est le plus beau des cadeaux ! Je trouve néanmoins qu’il n'y a pas assez d'informations sur les reprises d'étude. Si on ne m'en avait pas parlé, je n'y aurais pas pensé ! »


Sylvie, 31 ans : les études pour s'adapter à sa nouvelle vieSylvie, 31 ans : les études pour s'adapter à sa nouvelle vie

« J'ai toujours rêvé d'être avocate. A 18 ans, bac en poche, je m'inscris à la faculté de droit de Saint-Quentin-en-Yvelines. Les années passent et je suis admise à l'institut d'études judiciaires (IEJ), me permettant d'accéder par la suite à l'école des avocats. J'enchaîne stages et cours mais j'arrête tout lorsque je tombe enceinte. J'avoue que j'ai été un peu déçue d'arrêter les études mais mon désir de maternité était plus fort que tout. Trois ans et deux enfants plus tard, je me motive à retourner en cours. Quelques mois après, mon mari, qui travaille dans l'import-export, m'apprend qu'il va être muté en Argentine, à Buenos Aires. J'aurais pu reprendre les études pour aligner mon diplôme français à celui du pays, ou même évoluer vers le droit international mais il me semble difficile de retrouver du travail après cela, surtout dans un pays que je ne connais pas du tout. J'ai donc décidé de changer totalement de voie et de devenir interprète-guide touristique afin de m'intégrer au mieux dans mon nouveau pays. Mon mari sera muté à l'été 2012, voilà pourquoi j'ai décidé de m'inscrire en dernière année de langues étrangères appliquées (LEA) anglais et espagnol afin d'obtenir une licence. Ayant déjà quelques notions d'espagnol, je compte bien approfondir, prendre des cours du soir sur la civilisation et l'histoire du pays mais surtout m'improviser prof d'espagnol pour mes enfants afin qu'ils ne soient pas trop déboussolés ! J'espère ensuite pouvoir trouver facilement du travail dans les maisons du tourisme sur place. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire