Justine Maillard : l’artiste photographe en quête de féminité

Article publié le 9 décembre sur Paristribune.fr

Paris, la plus belle ville du monde et le burlesque l’art le plus coquin, forment une équation magique que Justine Maillard a su mettre en scène avec une série de photos intitulée « Paris, ma jolie ».

Paris et les effeuilleuses… « Elles incarnent toutes deux les mêmes valeurs : histoire, lyrisme, renouveau, dynamisme, muse, fatale, envoûtante, magique, mystérieuse... fascinante » selon Justine Maillard, jeune artiste photographe originaire de Charleville-Mézières. A travers une série de photos intitulée « Paris, ma jolie », la jeune femme met en scène les artistes du Burlesque telles que Miss Anne Thropy, Sugar Da Moore ou encore Vicky Butterfly, et Paris, la ville des Lumières.

Du haut de ses 21 ans, Justine Maillard est une artiste très prometteuse

Un projet né d’une histoire personnelle

« Aujourd’hui, la femme joue, vit, jouit. Elle veut avoir toutes les cartes en main pour mener sa vie. La sienne, pas celle projetée par les médias ou autre diktat cosmétique. Elles veulent se sentir belles, exister et saines dans leur esprit » explique Justine Maillard. Avec « Paris, ma jolie », l’artiste photographe a réalisé une sorte de « psychanalyse de la société qui s’émeut ». Mais cette série de clichés représente aussi une quête personnelle : « J'ai eu un difficile passage à l'adolescence, beaucoup de mal à m'affirmer, encore plus à m'accepter. J'ai beaucoup souffert et je me suis abandonnée assez longtemps. « Paris, ma jolie », c'est le début de mon grand travail d'introspection, et donc de ma quête d'identité féminine ».
C’est en faisant des recherches pour son projet que Justine découvre l’univers du burlesque et du « temple de la femme ». Après une rencontre avec Sugar Da Moore, la jeune femme se fascine pour cet univers. Elle se plonge des heures sur la vie de chaque pin-up pour « mieux cerner leur poétique ». « Ensuite, autour de l'image dégagée, je tente de créer une ode à chaque modèle : stylisme (réalisé parfois conjointement avec des professionnels ou des créateurs), planches tendances, maquillage et coiffure et enfin le choix du lieu. » Originaire de la ville de Rimbaud, Justine a vécu à Reims et à Montpellier mais c’est Paris qu’elle a choisi pour son projet : « J'ai toujours eu des envies farfelues et des folies de grandeurs. Paris est une ville magique, une ville fascinante tant elle peut être belle et à la fois repoussante. Comme dans les vers de Baudelaire, Paris est une fleur du mal. J'ai trouvé intéressant la rencontre de cette ville humanisée et fantasmée par de nombreux auteurs, avec ces effeuilleuses, femmes-muses du 21ème siècle ».
Le résultat : une série de clichés poétiques, des instants de fusion entre les stars du burlesque et les plus beaux endroits de la capitale. Les lieux ont été méticuleusement choisis en fonction de la personnalité du modèle car « en chaque fille vit un personnage, avec sa propre façon de mener sa rixe intime via le burlesque ».

La photographie dans le sang

Derrière ce beau projet se cache une jeune femme de 21 ans. Fâchée avec les études, elle tente d’obtenir un diplôme se rapprochant le plus de la photographie mais « mêler passion et études a toujours été pour moi une véritable torture » avoue-t-elle. Justine se laisse envoûter par « l’ensorcellement photographique » que son père lui a transmis. Elle explique cet engouement pour le huitième art : « C'est un moyen de voir le monde derrière un masque... qui paradoxalement, me met toute nue ! Sinon, la photographie, c'est comme un miroir. Je projette, à travers les autres, ma vie. A travers eux, à travers leur « offrande » devant l'objectif, je tente une psychanalyse. A la base très intime, très égocentrique, je l'avoue. Puis, par son développement, elle devient totalement ouverte et presque libre ». La jeune femme sait qu’elle veut en vivre. Affiliée à la Maison des Artistes de Paris depuis 2 ans, elle souhaite maintenant exposer au grand jour son travail.

Où exposer « Paris ma jolie » ?

La photographe est jeune et entrer dans le monde de l’art n’est pas chose facile. Mais elle n’en démord pas. Le 29 octobre dernier, Justine a dévoilé ses premières photographies au Bastille Design Center. Une expo rendue possible par sa campagne de crownfunding via le site Ulule, qui lui a permis de récolter 900 euros en 20 jours. « A la suite de cette exposition, j'ai éprouvé le réel désir de vouer au projet une exposition entièrement dédiée qui lui fasse suffisamment hommage car c'est un énorme travail d'équipe qui se glisse sous ces clichés ! » s’exclame la jeune femme. Pour le moment, « Paris ma jolie » sera à nouveau exposée le 23 décembre au théâtre de Ménilmontant lors de la soirée burlesque « Crazy Christmas ». En multipliant la communication autour de son projet, Justine cherche toujours de nouveaux endroits pour montrer ses clichés. Des clichés qui pourront toucher tout le monde : « « Paris, ma jolie » c'est un joli pot-pourri d'une floraison sociétale, chacun y voit ce qu'il veut. Certains n'y verront que de magnifiques femmes d'un temps passé, perdues dans un entre-temps... d'autres y verront peut être une forme de renaissance ? Qui sait ! C'est un peu à vous de me le dire, après tout ! »

Le site de Justine Maillard : http://www.justinemaillard.com

Le 23 décembre 2011 : Soirée burlesque à partir de 20h
Théâtre du Ménilmontant 15, rue du retrait 75020 Paris.
Page de la soirée burlesque :
www.menilmontant.info
Sur réservation : tarif 15 à 20 euros.

La mairie au cœur de la médiation

Article publié le 2 décembre 2011 sur Paristribune.fr


Jacques Boutault dédie le CICA du 1er décembre 2011 à la médiation, à l’occasion de l’inauguration d’une permanence dans les locaux de la mairie.


Il est 19h à la mairie du 2e arrondissement lorsque le maire ouvre la séance du conseil d’arrondissement par un CICA dédié au thème de la médiation. Une permanence de la Médiation de la Ville de Paris ouvre prochainement à la mairie, tous les jeudis de 15h30 à 19h. Jacques Boutault introduit le débat en définissant la médiation : "Lorsque deux individus ont un litige et qu’ils souhaitent le régler à l’amiable, sans procédure judiciaire, ils peuvent avoir recours à la médiation".

Pour animer la séance, le maire a convié Claire Brisset, médiatrice de la Ville de Paris, Danièle Aguanno, médiatrice du bailleur social Paris Habitat, Paul-Andrew Krieger, médiateur du 2e arrondissement, Gabrielle Planès, présidente de l’Association Nationale des Médiateurs accompagnée de son vice-président Alain Roy, et les Pierrots de la nuit.

Le médiateur de Paris : une autorité indépendante

Claire Brisset est la médiatrice de la Ville de Paris depuis trois ans. Dans la neutralité la plus totale, elle tente de régler avec son équipe et les médiateurs bénévoles les 1.200 réclamations annuelles. Au quotidien, Claire Brisset et son équipe reçoivent les requêtes des parisiens et des non parisiens ayant un litige déjà constitué avec la Ville. Il peut s’agir d’un problème social, de crèches, de voirie, d’insalubrité, ou avec un membre du personnel de Paris. Grâce au rapport qu’elle rend chaque année sur son travail, la médiatrice est en mesure de proposer des réformes pour améliorer le quotidien des parisiens. Elle peut être saisie de plusieurs manières : par courrier, sur Internet ou en se rendant directement dans les permanences : "Les permanences nous permettent de recueillir la moitié des requêtes. Situées principalement dans des maisons d’accès au droit, les permanences doivent être développées dans les mairies pour être plus accessibles." Aujourd’hui, il existe 17 permanences dont 10 se situent dans des mairies d’arrondissement. Le 2e arrondissement inaugurera sa première permanence au mois de décembre. La médiatrice a notamment rendez-vous avec Rachida Dati, maire du 7e, la semaine prochaine. Après une question de Dominique Dussart, adjointe déléguée à l’urbanisme, au logement, à l’environnement et au développement durable, la médiatrice précise qu’elle n’est pas mandatée à régler les conflits concernant des situations individuelles privées, un litige doit être constitué avec la Ville. Après avoir déploré l’absence des représentants associatifs du 2e arrondissement, Christophe Lekieffre, seul élu d’opposition, demande quel est le profil-type des bénévoles médiateurs. "Ce sont souvent des retraités, ayant exercé ou non dans le droit et qui font ça pour rendre service" répond la médiatrice. Il faut également être gentil, bienveillant et bien connaître les rouages de la ville afin de bien orienter les citoyens.

Les membres du conseil d'arrondissement et les intervenants médiateurs du CICA le 1er décembre 2011. Autour du maire de g à d : Paul-Andrew Krieger, Danièle Aguanno, Jacques Boutault et Claire Brisset. En bas à droite : Gabrielle Planès.
Les membres du conseil d'arrondissement et les intervenants médiateurs du CICA le 1er décembre 2011. Autour du maire de g à d : Paul-Andrew Krieger, Danièle Aguanno, Jacques Boutault et Claire Brisset. En bas à droite : Gabrielle Planès.

La médiation au sein des logements sociaux

Jacques Boutault donne ensuite la parole à Danièle Aguanno-Promonet, médiatrice de Paris Habitat, seul bailleur social à bénéficier d’un tel service. "Nous gérons 120.000 logements et mon rôle est de résoudre les litiges entre les locataires et les services de Paris Habitat dans tous les domaines de la gestion courante" explique la médiatrice. En revanche, elle ne prend pas en charge les litiges entre les locataires eux-mêmes. Depuis avril 2011, Paris Habitat a reçu 1.000 demandes. "Traitez-vous les échanges de logements entre locataires, lorsque par exemple leur situation familiale change ?" demande Roberta Bernard, adjointe déléguée à la vie scolaire et à la petite enfance. Danièle Aguanno répond par la négative mais la médiatrice de Paris souligne que ce genre de requêtes peut lui être envoyé et qu’elle sera observée avec plus de bienveillance.

La médiation de nuit avec Paul-Andrew Krieger

C’est ensuite au tour de Paul-Andrew Krieger de parler, en qualité de citoyen bénévole médiateur de la nuit. Après avoir répondu à une annonce parue dans un journal local, le jeune homme, diplômé de médiation à Londres, a accepté le poste proposé par le commissaire du 2e. Après avoir effectué un stage en 2010, il commence son travail et a traité depuis 12 dossiers, avec 80% de succès. "Je réunis une première fois les parties pour fixer des engagements et nous nous revoyons lors d’une seconde réunion pour vérifier si les deux parties ont effectué leurs promesses" ajoute-t-il. En moyenne, les litiges sont réglés au bout de quatre mois de négociations.

L’Association Nationale des Médiateurs

Le maire a également convié Gabrielle Planès, présidente de l’Association Nationale des Médiateurs basée dans le 2e, ainsi que son vice-président Alain Roy. L’association, constituée depuis 1993 de professionnels de la médiation, intervient dans tous les domaines et plus particulièrement dans les relations du travail (harcèlements, risque psycho-sociaux…). La présidente explique : "Contrairement aux autres formes de médiation qui rendent un avis, nous proposons aux deux parties de trouver elles-mêmes une solution à leur litige". Une solution payante puisque les parties s’investissent d’autant plus pour régler la situation. Après une heure de débat et d’informations, Jacques Boutault ouvre la séance du conseil d’arrondissement.

Mademoiselle Slassi ou le parcours d’une modiste du XXIème siècle

Article publié le 1er décembre 2011 sur Paristribune.fr

Se lancer dans la création de prêt-à-porter n’est pas chose simple. Si en confectionnant des chapeaux Mademoiselle Slassi a réalisé un rêve, elle découvre aussi la dureté du monde de la mode.



En se lançant dans la confection de chapeaux, Karima alias Mademoiselle Slassi ne voulait pas en faire qu’un simple hobbie. Après une carrière internationale dans l’informatique, elle réalise son rêve de devenir modiste, et d’en vivre ! Après trois mois d’intense formation au Greta de la Mode, elle obtient son CAP en 2008 et effectue des stages dans les ateliers de chapeliers pendant quelques mois. Ils ne sont qu’une centaine en France.

Du petit Marché de Noël aux grands Salons professionnels de la Fashion Week parisienne

Grâce au bouche-à-oreille et à un site internet qu’elle crée en s’attachant au référencement, la créatrice réalise ses premiers chapeaux sur mesure pour des particuliers. Elle participe aussi à des expos-vente et distribue ses créations dans quelques boutiques qui fonctionnent en mode dépôt-vente. "Après avoir testé en grandeur nature, je constatais qu’à partir du moment où je montrais mes créations, elles plaisaient et se vendaient. Il fallait donc se lancer complètement !" La marque Mademoiselle Slassi naît en 2009, juste au moment où le chapeau fait son grand retour dans les défilés de mode. De fil en aiguille, elle est contactée pour créer des chapeaux pour Miss Univers Japon ou pour le Salon professionnel du Chocolat. Des collaborations voient le jour avec des stylistes et des photographes, ce qui permet à Mademoiselle Slassi de mettre en valeur ses créations grâce à des photos professionnelles.

Rapidement la modiste se rend bien compte qu’elle n’a aucune visibilité et que vivre au jour le jour ne peut plus durer. Elle décide donc de s’adresser aux magasins multi-marques en présentant ses collections dans les salons professionnels. Alors que les acheteurs professionnels au service des grands magasins et boutiques japonnais remplissent son portefeuille de commandes, les français prennent vraiment peu de risques avec une nouvelle marque.

D’étape en étape, et au bout de sa 4ème collection (2 collections par an) Mademoiselle Slassi progresse sur le marché du chapeau, notamment à l’international. De collection en collection, son style se peaufine et l’inspiration ne manque pas : l'Histoire et les histoires, la nature, les arts et la poésie, les gens qu'elle croisent ici et ailleurs, les icônes du cinéma, du théâtre, de la musique et de la scène... Sans compter les matières qu’elle découvre et qui la font vibrer : du feutre de poil de lapin velouté aux pailles naturelles légères, en passant par des plumes et des galons précieux.

Mademoiselle Slassi dans son atelier parisien

La France aime-t-elle tant ses jeunes créateurs et son savoir-faire?

Karima déplore cependant qu’en France où l’on ne cesse de se targuer d’avoir tant de créateurs de talent et un extraordinaire savoir-faire, il n’y ait pas encore une structure dédiée aux nouvelles marques afin de leur permettre de se développer : "un lieu où l’on pourrait bénéficier à moindre frais des services d’experts comptables, de spécialistes de l’identité de la marque (branding), de graphistes, de webmasters, d’attachés de presse et d’une plateforme de vente aussi reconnue que le sont les quelques salons professionnels existants, dont le coût lors des 'fashion week' s’élève à 4000 Euros environs pour 4 jours. Une structure où des investisseurs (Business Angels, financiers…) pourraient nous découvrir et nous permettre d’effectuer des levées de fonds." Mademoiselle Slassi constate également que la presse privilégie les annonceurs et les marques commerciales. Peu de chance donc de se faire connaître du public à moins de pouvoir rémunérer un attaché de presse dont les frais s’élèvent à 1000 euros par mois.


Tant qu’il y aura de la Passion…

Malgré la difficulté, la passion et la ténacité sont toujours là et notre modiste n’est pas prête d’abandonner ses rêves… bien au contraire ! Alors, chapeau bas, Mademoiselle Slassi !

Pour plus d’information,
son site : www.hatsandchapeaux.com