Le silence est d'or avec les Pierrots de la nuit

 Article paru sur Paristribune.fr le 2 avril 2011

C’est en plein jour que les Pierrots de la nuit ont été officiellement lancés lundi 26 mars 2012. Quinze quartiers de Paris vont être sillonnés par les équipes d’artistes et de médiateurs, en quête d’une baisse du volume sonore des fêtards dans le respect des riverains mais aussi pour éviter les fermetures administratives d’établissements de nuit.

Pour une meilleure cohabitation des dormeurs et des fêtards la nuit

Paris la nuit, ce sont des bars, des restaurants, des boîtes de nuit remplis de curieux venus faire la fête. Mao Peninou, adjoint au maire de Paris chargé de la qualité des services publics municipaux, de l'accueil des usagers, et du bureau des temps explique que la nuit, trois catégories de personnes doivent cohabiter ensemble : « ceux qui dorment, ceux qui travaillent et ceux qui font la fête ». Le message que cherche à faire passer les Pierrots de la nuit, trio de médiateur et d’artistes, est : « la nuit on fait ce que l’on veut, mais en respectant les autres » déclare l’adjoint en soulignant que cette initiative correspond à la philosophie de vie du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Fermetures administratives à cause des plaintes de riverains

Renaud Barillet, directeur de la Bellevilloise et président du réseau des Musiques Actuelles à Paris, explique que les établissements et la police ne peuvent gérer seuls les usagers : « Il fallait donc un biais ludique et artistique pour s’adresser au public et faire passer le message ».  Le dispositif des Pierrots de la nuit n’est pas nouveau. Développé à Barcelone où trois clowns et trois médiateurs sillonnent la ville pour responsabiliser les fêtards, le dispositif a impressionné Bruno Blanckaert, président de la chambre syndicale des cabarets artistiques et des discothèques et directeur du Grand Rex, par son efficacité. « La nuit est une valeur ajoutée touristique, culturelle et économique. Il y a encore du travail pédagogique à faire auprès des usagers » déclare-t-il. Enfin, Ioanna Thomas, directrice opérationnelle des Pierrots, souligne que le dispositif est important pour éviter les plaintes des riverains et par conséquent les fermetures administratives des établissements.

Un duo de danseuses des Pierrots de la nuit
Un duo de danseuses des Pierrots de la nuit

Qui sont les Pierrots de la nuit ?

« Une équipe de Pierrots est constituée d’un médiateur et de deux artistes, tous les trois volontaires dans la démarche », explique Ioanna Thomas. Aujourd’hui au nombre de 37 au total, la directrice opérationnelle annonce que 20 médiateurs et 60 artistes sont prévus pour effectuer les parcours des jeudis, vendredis et samedis pour la fin du mois de juin 2012. Les membres des brigades d’intervention artistique nocturne sont formés à la médiation et les artistes conçoivent eux-mêmes les slogans et messages qu’ils font passer. Les Pierrots sont tous vêtus de blanc, une couleur apaisante et qui se voit bien la nuit. « Nous sommes à l’écoute des propositions des artistes et ouverts à toute forme d’art… silencieuse ! » déclare Ioanna Thomas ajoutant qu’un casting d’artistes est organisé tous les mois.
 

Les artistes à l'entrée de l'Alimentation Générale
Les artistes à l'entrée de l'Alimentation Générale

Les modes d’actions des brigades d’intervention artistique nocturne

La soirée type des Pierrots se déroule ainsi : une heure avant le début du parcours, le médiateur du groupe passent dans tous les établissements de la tournée pour les prévenir de l’arrivée des Pierrots. La première phase s’opère de 23h à 3h du matin et la seconde phase de 1h à 5h au moment de la fermeture des établissements. Les Pierrots opèrent deux types d’action. La première est ponctuelle : lorsqu’ils arrivent, les Pierrots génèrent automatiquement une baisse du volume sonore, les gens étant interloqués.
Ensuite vient la phase d’éducation, où le médiateur explique le dispositif, distribue des flyers et les artistes déambulent entre les gens pour « montrer » le message. Le trio remplit ensuite une fiche retour intervention pour permettre l’évaluation de leur impact. Pour Bruno Blanckaert, « les Pierrots n’ont pas vocation à remplacer la police mais les deux dispositifs se complètent bien ».
Le coût global de fonctionnement annuel des Pierrots est de 200.000 euros, dont 145 000 euros financés par la Mairie de Paris ; avec la participation de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique et la Société pour la Perception de la Rémunération Equitable.
Après quatre mois de rodage et un accueil positif des usagers et des établissements, il n’est pas encore possible de mesurer une baisse des plaintes selon Renaud Barillet.
 
Bientôt un reportage sur la médiation de nuit avec les Pierrots sur Paris Tribune !

Les quartiers des Pierrots de la nuit :
· Quartier Montorgueil, dans le 2e arrondissement
· Quartier du Marais, dans le 4e arrondissement
· Quartier SOPI, dans le 9e arrondissement
· Quartiers Oberkampf, Bastille, Faidherbe-Chaligny, rue Amelot/ Bataclan, dans le 11e arrondissement
· Quartier de la Butte aux Cailles dans le 13e arrondissement
· Quartier de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement
· Quartier autour de la rue des Princesses, dans le 6e
· Quartier du Faubourg Saint Denis/cour des Petites Ecuries et Quartier du Canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement
· Quartier des Quais de Seine dans le 13e arrondissement
· Quartier des Abbesses et rue Championnet dans le 18e arrondissement
 
Le blog des Pierrots de la nuit :blogs.paris.fr/pierrotsdelanuit
Pour contacter l’association : contact@lespierrotsdelanuit.org

Fête du NPA, fête de l'anti-capitalisme

Article publié le 25 janvier 2012 sur Paristribune.fr
 
La pluie n’a pas empêché les partisans et autres curieux de se réunir le samedi 21 janvier 2012 pour la première fête parisienne du Nouveau Parti Anticapitaliste dans le 11e arrondissement de Paris. Toute l’après-midi et la soirée, entre 200 et 300 personnes se trouvaient dans la salle Olympe de Gouges, près du Père Lachaise.

Une fête de quartier

Tables rondes, débats, discours mais aussi concert étaient au programme de cette réunion citoyenne : tables rondes autour des thèmes de la crise, de la précarité, et aussi des sujets plus locaux comme la situation des Archives de Paris. La librairie du parti, La Brèche, était présente tout au long de la fête pour proposer des livres sur le féminisme, l’écologie, l’économie, le printemps arabe mais aussi des polars. Hommes et femmes de tous âges, sont venus pour découvrir ou faire découvrir les idées du parti, et discuter autour des boissons et collations offerts à bas prix par la buvette. Les enfants font des coloriages à la garderie mise en place pour l’occasion. L’ambiance est conviviale et festive. Alors que le groupe La Rabia répète ses derniers accords avant le concert, la foule se masse dans la grande salle pour prendre place avant le début du discours. À 19h45, les chants et les applaudissements accueillent le candidat à la présidentielle Philippe Poutou sur scène qui est accompagné de Denis Godard et d’un facteur des Hauts de Seine. Le premier est un militant victime de violences policières venu témoigner de ces « bavures » qui arrivent selon lui trop souvent et en général à des personnes d’origine étrangère. Le second est venu rappeler que 15 facteurs vont être rejugés en appel le 1er février 2012 après avoir été condamnés pour séquestration alors qu’ils tentaient de négocier des conditions lors d’une grève dans les Hauts de Seine en 2010.

Le public assistant aux tables rondes et aux discours - Photo : GB.
Le public assistant aux tables rondes et aux discours - Photo : GB.

Les crises

Décontracté, Philippe Poutou débute son discours par un clin d’œil ironique à la perte du triple AAA « 8 jours après on voit que ce n’était pas si grave : l’euro remonte et on nous dit que les banques s’étaient préparées ». Avec des phrases simples et à la portée de tous, le candidat poursuit en parlant de la crise. « Mais quelle crise ? Il en existe deux types : la crise du chômage […] et la crise de la bourse » s’exclame-t-il. Le candidat dénonce les plans de suppression d’emplois quotidiens dans les secteurs publics et privés, la question de l’accès aux soins, à l’éducation mais aussi le mal-logement. Alors qu’il énumère les profits du CAC 40 en hausse et l’industrie du luxe qui ne fléchit pas le candidat proclame : « Crise ou pas, ils veulent nous la faire payer et ils s’attaquent au coût du travail », en référence aux ouvrières de Lejaby, dont l’usine vient d’être fermée. Le discours du candidat, ouvrier dans une usine automobile se transforme alors en présentation du programme du parti pour les prochaines échéances présidentielles.

Philippe Poutou quelques minutes avant son discours - Photo : GB.
Philippe Poutou quelques minutes avant son discours - Photo : GB.

Les 4 mesures d'urgence du candidat à la présidentielle

Philippe Poutou annonce les 4 mesures d’urgence qu’il prendrait s’il accédait au statut présidentiel : « la mise en place d’un bouclier social avec une augmentation de 300 euros sur tous les salaires et un SMIC à 1600 euros nets » qui serait permis par la récupération de l’argent où il se trouve soit « des impôts de 50% pour toutes les sociétés, l’annulation de la dette et l’arrêt immédiat du paiement des intérêts de la dette, de 48 milliards d’euros en 2011 ».
Le leader du NPA souhaite également une sortie du nucléaire d’ici 10 ans et le développement des énergies renouvelables. « Il faut mener une politique qui réponde aux besoins de la population et de l’environnement », dit celui qui veut rendre les transports en communs gratuits pour tous mais aussi régulariser tous lessans papiers et accorder le droit de vote local et national aux immigrés. En finissant, Philippe Poutou annonce clairement qu’il « faut dégager Sarko et sa bande, les Morano et autre Guéant » et ne manque pas de tacler non plus le parti socialiste : « François Hollande n’a pas les bonnes solutions car il ne pose pas les bonnes questions ». En rappelant que « notre adversaire à tous, c’est le capitalisme mondial », le candidat du NPA clame que les élections ne suffiront pas car « il faut que la population se batte au même moment ». Acclamé par le public à la fin de son discours, l’éventuel futur président, qui n’a recueilli que 350 signatures pour le moment, sait qu’il n’est pas seul dans son combat radical.